Le jeu "jazzy"

"Jouez jazzy". Cela revient souvent. Essentiel.
Jouer de ses sentiments, sensations. Toujours être deux. Toujours, l'un (le comédien) s'amuse. Souplesse du corps, détente. Que ça ne se crispe jamais. 
Tout en courbe, bannir les lignes droites, même lorsqu'on plante une flèche: l'élan est courbe.

Atteindre la cible: précision de l'élan et du geste. Chaque mot, une flèche. 

La diction: les consonnes claquent (les flèches, précision de là où elles se fichent), c'est de la matière. Les voyelles ? un espace de liberté infinie. Ce sont les voyelles qui sont "jazzy".

Afin de projeter le son, faire rebondir les consonnes sur le sol, puis projeter au loin le mot et recommencer. Nous nous aidons du bras. J'appelle ça "la machine à coudre". "Creuse le sol ! et projette le plus loin possible le son. Lâche-le, ne cherche pas à l'accompagner jusqu'au bout ! Puis reviens et creuse à nouveau."
Le corps ainsi danse et se délie - et toujours se déploie alors une voix jamais entendue, d'une puissance insoupçonnable.

La musique est un merveilleux alcool