Shakespeare: les monologues

Les monologues ne sont ni de la pensée ni de la philosophie. Des actions, et rien d'autre.


"Pauvre Tom..." (Le Roi Lear)
Ici, paradoxe: le monologue déploie les masques, cache, sourires devant le spectacle de ce moi qui ruse: toute l'énergie tendue vers les multiples arrangements. Image. On se rhabille, on s'empresse de mettre des costumes.

Le monologue, face public, est toujours une séance d'habillage ou de déshabillage. Le "moi" en route: Richard III.

Le moment du moi qui se donne à voir est alors métamorphose voulue et assumée ou impossible (Hamlet).

Presque toujours une conversation avec soi-même, une pièce à elle-seule, dans laquelle toutes ces parties qui me constituent dialoguent. De l'ordre du combat. Une seule l'emportera - ou pas .

Le monologue demande du temps. Ralentir. Et se souvenir qu'il se jouera toujours face public - face au monde. Ce monde désorganisé, dans lequel le moi, mû par le seul désir de vivre (même pour Hamlet), s'isolera pour mieux se ré-organiser. 
Se refaire.

Entre deux combats.