Texte en main

Nous reculons le moment d'apprentissage du texte un maximum.
La feuille à la main peut-être porteur d'une grande liberté à condition que l'on veuille bien se promener avec elle, sur le plateau, comme dans une forêt.

Le comédien va lentement, la tête haute et plonge, lorsqu'il sent le moment juste, son regard sur la feuille, découvrant, par là, la phrase suivante. L'étonnement produit est alors délicieux et l'ouvre à ses propres sensations. Il cherche alors le mouvement intérieur qui puisse fonder cette nouvelle phrase.

C. et A. sont pressés, ils veulent "trouver" leur scène et "appliquer".
Je leur dis: "Allez lentement. Ce que vous avez dans les mains n'est qu'un ensemble de signes visibles, d'îlots. A vous de planter le paysage en son entier. Et pour cela, il faut enquêter. Chez vous, assis et lisant. Et sur le plateau, en oubliant: en vivant."